07/02/2015

Pourquoi ai-je choisi Michigan ?



Comme je le disais, j’ai appris l’existence de ce LLM par le biais d’un proche ami. Il candidatait lui-même pour d’autres universités étrangères, était plutôt au fait des classements et des réputations, et connaissait ma position au sujet des LLM. Il savait que j’avais très envie d’en effectuer un (pour ne pas dire que j’en rêvais) et que cela était également assez bien vu dans mon domaine de compétence, c’est-à-dire le droit des affaires et en particulier le droit des sociétés et marchés financiers (oui, je sais que ces termes effraient beaucoup de monde, chacun ses tares intérêts, que voulez-vous). Beaucoup de mes connaissances tentaient leur chance avec des facs américaines plus connues dans l’Hexagone, telles que Harvard, NYU, Columbia, Georgetown… d’autres se tournaient vers les facs britanniques, comme Cambridge, Oxford, Kings, LSE ou UCLA, qui sont généralement bien plus abordables financièrement que les premières. 

                Certaines personnes de mon entourage m’encourageaient à postuler pour divers noms prestigieux et très connus en France; selon eux, mes notes me donnaient de bonnes chances et la réputation de ces facs comblerait le trou financier qui résulterait du LLM, dans l’hypothèse où je ne réussirais pas à obtenir de bourses. Je trouvais ces idées intéressantes mais je n’avais pas ce petit « plus » qui me poussait à franchir le pas et à candidater.

                Puis un jour, un ami proche m’a transféré le lien de l’Université du Michigan, que je ne connaissais que de nom, en me disant « tiens, toi qui n’aimes pas les usines, c’est le plus petit LLM des Etats-Unis, ça t’intéressera peut-être ». Je suis donc allée voir et là… gros coup de cœur :
- évidemment, esthétiquement, l’université est magnifique (mais vraiment très, très belle),
- je n’avais jamais entendu parler de Ann Arbor et j’ai vite compris qu’il s’agissait d’une assez petite ville, sorte de ville-campus connue surtout pour l’University of Michigan, qui comme toutes les grandes universités américaines, est gigantesque comparée à ce à quoi les Français sont habitués. Pour une fille ayant vécu 22 ans à Paris, la perspective d’une expérience de ce genre – quoi de plus american way of life qu’un campus d’étudiants américain ? – était plutôt excitante. Pas besoin d’être devin pour sentir qu’on ne s’y ennuiera pas…
- mais plus que cela, ce qui m’a vraiment attiré était la taille du LLM : environ trente ou quarante étudiants, autant dire qu’on ne risque pas de se noyer dans la masse. Je pense que c’est une considération propre à chacun : certains aimeront l’idée d’étudier au sein d’amphis énormes, dans des classes où il est impossible de connaitre tout le monde, d’autre préféreront être dans un cadre à taille réduite où camarades et professeurs se repèrent mieux. Faisant partie de cette dernière catégorie, Umich offrait pour moi le parfait équilibre : un petit groupe de LLM (pas si petit quand on y songe, mais rien comparé aux géants qui en ont 300) dans une université où on est mélangés aux Américains (qui sont eux bien plus nombreux). Pour moi, c’était le meilleur moyen de m’intégrer à ces derniers… et la suite m’a prouvé que je ne m’étais pas trompée.

(source: frederika)

(source: personal.umich.edu/jensenl)
                Enfin, et c’est un point très personnel, j’avais tout simplement eu un vrai coup de cœur pour cette fac, le sentiment que Umich me conviendrait vraiment. Ceux qui me connaissent ont du trouver surprenant que j’aie voulu aller dans une zone connue pour être froide, mais c’était un petit sacrifice qui ne me faisait pas peur. J’ai donc pris la décision de ne candidater qu’à Umich, car je savais ce que je voulais et pour le coup, c’était Michigan ou rien. Je suis pourtant très loin de penser que les autres LLM ne m’auraient pas plu ; où qu’ils soient, ce sont toujours (ou presque) des expériences géniales et j’entends souvent d’anciens camarades fous de bonheur me parler de leurs folies à l’étranger. Mon choix de ne postuler que là-bas était donc évidemment personnel. Et si j’avais essuyé un refus, j’aurais simplement effectué ma rentrée à l’école des avocats de Paris puisque j’avais déjà obtenu le CRFPA en même temps que mon M2, en 2012.  

 
Le Law Quad sous la neige (source: personal.umich.edu/jensenl)

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