03/02/2015

Les cours à l'University of Michigan




               D’abord, seulement un ou deux cours sont réservés aux LLM (droit constitutionnel ; techniques de recherches légales en droit américain).

                Vous choisirez vos cours une fois arrivés sur place, ce qui est très pratique car on peut poser autant de questions qu’on le souhaite une fois bien installés. Vous avez accès à exactement les mêmes cours que les JD (de 1L à 3L) – l’intégration des LLM est donc vraiment parfaite. Je passais tellement de temps avec eux que certains JD pensaient que j’en étais une, bien que Française (mon accent ne passant pas inaperçu…). 

                Certains choisissent leurs cours en fonction des obligations du barreau de NY ou de Californie (attention, pour ceux qui veulent passer ce dernier, je crois qu’il y a une formation spéciale supplémentaire à effectuer en Californie durant l’été juste avant la rentrée du LLM). Les responsables du LLM informent clairement de la liste des cours à prendre pour le NY bar dès la rentrée, il n’y a donc pas d’inquiétude à avoir à ce niveau. Un certain nombre de crédits doit être rempli chaque semestre (12, si je me souviens bien), le nombre de cours n’importe donc guère. Les cours de 1L, qui sont les bases (contracts, tort, criminal law, civil procedure…) sont les plus chargés et réputés être les plus stressants, peut-être à cause de la présence des 1L eux-mêmes. Les cours choisis par les 2L sont généralement les cours de premier approfondissement (enterprise organization, employment law, antitrust, european law…) et les 3L se permettent de choisir des cours plus originaux. Vous trouverez la liste en cliquant ici.

                C’est donc très flexible. Je ne me suis personnellement pas inscrite à des cours de 1L, puisqu’ayant eu la chance d’étudier le droit anglais et américain pendant 3 ans au sein de ma formation en France (en plus des cours d’anglais de la fac), je connaissais déjà pas mal de choses en matière de basiques. J’ai personnellement choisi une majorité de cours se rapportant au droit des affaires/sociétés, ma spécialité ; et quelques petites douceurs choisies pour le plaisir, telles que Bloodfeuds (une sorte d’analyse du droit islandais ancien, à travers la lecture de mythes et d’histoires folles, avec un prof passionné et passionnant) ou Sex Equality (des cours très axés juridiques et techniques, donnés par Catherine McKinnon, une prof balèze ultra réputée aux US). Typiquement le genre de cours dont on ne peut s’empêcher de parler à nos amis hors des cours – lesdits amis n’en ayant souvent strictement rien à faire, d’ailleurs – et à effectuer des recherches juste pour le plaisir. 
                Je ne vais pas développer tout ce qui fait que la façon d’étudier aux USA est très différente des méthodes françaises ou belges. En très court : pas de cours magistral, les cours sont basés sur des livres (qui coûtent une giga blinde mais il y a toujours des moyens de faire des économies là-dessus) que les étudiants doivent lire avant chaque séance. Le prof ne revient presque pas sur ce qui est censé être lu ; il n’y a pas de distinction amphi/TD et on peut donc se faire interroger (« cold call ») à tout moment. La façon d’aborder les sujets est différente, ainsi que l’approfondissement des matières – ce qui est prévisible quand on sait  que leurs études sont plus courtes. Surtout, la façon dont les étudiants américains participent en cours m’a assez étonnée au début, mais je n’en dis pas plus. L’expérience est enrichissante. 
  
              Enfin, à la question « est-il vrai que c’est un peu pay your fees, get a B » ? Je réponds non. Je ne sais pas si c’est propre à ce LLM, mais si vous pensez que vous ne glanderez rien, vous rêvez. C’est loin d’être exténuant mais clairement, on bosse, et ce régulièrement car on peut se faire cold call par les profs, et qu’on a pour voisins de classe des JD qui eux, bossent beaucoup. Par contre, vous verrez qu’aux US, le redoublement n’existe presque pas ; une fois qu’on paie sa fac de droit, on est garantis de passer au niveau supérieur. La sanction se situe sur un autre plan : très mauvaises notes, pas de bon job.

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