13/02/2015

Pourquoi ce blog ?


Bonjour et bienvenue sur ce petit blog destiné à l'information des candidats au LL.M. de l'Université du Michigan!


Deux raisons principales expliquent sa création :  

1) J’ai effectué mon LLM durant l’année 2013-2014. Alors même que j’y étais encore et que j’appréhendais de plus en plus le retour à la vie réelle qui approchait à grands pas, j’ai commencé à recevoir des messages de la part de candidats francophones me posant des questions sur mon expérience. J’étais toujours ravie de répondre et donner autant de détails que possible à ces maybe-soon-to-be-very-lucky-people, bien que cela me rappelait, à moi qui étais un peu dans le déni, la fin approchante de mon propre LLM.
Après avoir constaté que les candidats me posaient toujours les mêmes questions, l’idée de faire un blog sur le sujet a germé dans mon esprit. 

2) Je me souviens également  du peu d’informations disponibles, en tout cas en France, au sujet de ce LLM en particulier. Je l’avais moi-même découvert par le biais d’un ami, bien plus au fait des universités étrangères que moi (classements, réputations etc.) et je ne connaissais personne qui y était allé et pouvait m’en parler. J’avais donc du me rabattre sur les forums LLM-guide, lire des articles sur la ville et m’adresser au personnel administratif de l’université pour avoir les réponses à mes questions. La douce et bonne âme altruiste que je suis a donc décidé de rendre ce petit coup de main aux futurs candidats ; oui, c’est bien à toi que je parle, visiteur curieux et affamé d’informations. Installe-toi confortablement, prends une part de tarte aux noix de pécan et écoute la sagesse s’exprimer.

(La bibliothèque vue de l'extérieur - source: SW)


07/02/2015

Pourquoi ai-je choisi Michigan ?



Comme je le disais, j’ai appris l’existence de ce LLM par le biais d’un proche ami. Il candidatait lui-même pour d’autres universités étrangères, était plutôt au fait des classements et des réputations, et connaissait ma position au sujet des LLM. Il savait que j’avais très envie d’en effectuer un (pour ne pas dire que j’en rêvais) et que cela était également assez bien vu dans mon domaine de compétence, c’est-à-dire le droit des affaires et en particulier le droit des sociétés et marchés financiers (oui, je sais que ces termes effraient beaucoup de monde, chacun ses tares intérêts, que voulez-vous). Beaucoup de mes connaissances tentaient leur chance avec des facs américaines plus connues dans l’Hexagone, telles que Harvard, NYU, Columbia, Georgetown… d’autres se tournaient vers les facs britanniques, comme Cambridge, Oxford, Kings, LSE ou UCLA, qui sont généralement bien plus abordables financièrement que les premières. 

                Certaines personnes de mon entourage m’encourageaient à postuler pour divers noms prestigieux et très connus en France; selon eux, mes notes me donnaient de bonnes chances et la réputation de ces facs comblerait le trou financier qui résulterait du LLM, dans l’hypothèse où je ne réussirais pas à obtenir de bourses. Je trouvais ces idées intéressantes mais je n’avais pas ce petit « plus » qui me poussait à franchir le pas et à candidater.

                Puis un jour, un ami proche m’a transféré le lien de l’Université du Michigan, que je ne connaissais que de nom, en me disant « tiens, toi qui n’aimes pas les usines, c’est le plus petit LLM des Etats-Unis, ça t’intéressera peut-être ». Je suis donc allée voir et là… gros coup de cœur :
- évidemment, esthétiquement, l’université est magnifique (mais vraiment très, très belle),
- je n’avais jamais entendu parler de Ann Arbor et j’ai vite compris qu’il s’agissait d’une assez petite ville, sorte de ville-campus connue surtout pour l’University of Michigan, qui comme toutes les grandes universités américaines, est gigantesque comparée à ce à quoi les Français sont habitués. Pour une fille ayant vécu 22 ans à Paris, la perspective d’une expérience de ce genre – quoi de plus american way of life qu’un campus d’étudiants américain ? – était plutôt excitante. Pas besoin d’être devin pour sentir qu’on ne s’y ennuiera pas…
- mais plus que cela, ce qui m’a vraiment attiré était la taille du LLM : environ trente ou quarante étudiants, autant dire qu’on ne risque pas de se noyer dans la masse. Je pense que c’est une considération propre à chacun : certains aimeront l’idée d’étudier au sein d’amphis énormes, dans des classes où il est impossible de connaitre tout le monde, d’autre préféreront être dans un cadre à taille réduite où camarades et professeurs se repèrent mieux. Faisant partie de cette dernière catégorie, Umich offrait pour moi le parfait équilibre : un petit groupe de LLM (pas si petit quand on y songe, mais rien comparé aux géants qui en ont 300) dans une université où on est mélangés aux Américains (qui sont eux bien plus nombreux). Pour moi, c’était le meilleur moyen de m’intégrer à ces derniers… et la suite m’a prouvé que je ne m’étais pas trompée.

(source: frederika)

(source: personal.umich.edu/jensenl)
                Enfin, et c’est un point très personnel, j’avais tout simplement eu un vrai coup de cœur pour cette fac, le sentiment que Umich me conviendrait vraiment. Ceux qui me connaissent ont du trouver surprenant que j’aie voulu aller dans une zone connue pour être froide, mais c’était un petit sacrifice qui ne me faisait pas peur. J’ai donc pris la décision de ne candidater qu’à Umich, car je savais ce que je voulais et pour le coup, c’était Michigan ou rien. Je suis pourtant très loin de penser que les autres LLM ne m’auraient pas plu ; où qu’ils soient, ce sont toujours (ou presque) des expériences géniales et j’entends souvent d’anciens camarades fous de bonheur me parler de leurs folies à l’étranger. Mon choix de ne postuler que là-bas était donc évidemment personnel. Et si j’avais essuyé un refus, j’aurais simplement effectué ma rentrée à l’école des avocats de Paris puisque j’avais déjà obtenu le CRFPA en même temps que mon M2, en 2012.  

 
Le Law Quad sous la neige (source: personal.umich.edu/jensenl)

06/02/2015

Candidater au LLM de Umich



J’ai candidaté fin 2012 pour ce LLM. Ici, je ne pense pas être utile à grand monde puisque je ne suis pas passée par le système de candidatures auprès de plusieurs facs (LSAC?) mais j’ai postulé directement auprès de Umich sur ce lien.

Si je devais résumer quelques conseils, assez évidents finalement :
1/ le TOEFL : vous savez sûrement qu’il faut le passer assez tôt et atteindre un minimum (98 d’après le site). Mon avis perso est qu’une fois ce score atteint, il n’est pas particulièrement avantageux d’avoir 115 plutôt que 105, le bureau des admissions m’a donné l’impression de privilégier d’autres aspects (niveau scolaire, implication associative, mentalité et activités extrascolaires, objectifs de vie…). 
Quant à la préparation du TOEFL, rien ne vaut l'entraînement: c'est toujours le même type d'exercices qui tombe. Pas de miracle à ce niveau.

2/ personal statement et statement of purpose : selon moi, ces documents sont les plus importants de la candidature. Je pense qu’il faut être honnête, sans pour autant se dévaloriser. Savoir reconnaitre ses mérites sans se vanter. Le tout dans un anglais très correct ou parfait, bien que quelques petites fautes ne soient probablement pas éliminatoires. Surtout, ne pas mentir ; cela paraît évident mais je sais que beaucoup en sont tentés. Ils ne veulent pas nécessairement des super-héros, n’oubliez pas que l’impression qu’on donne est importante et la facticité d’un profil a tendance à se voir… Tout ceci est bien évidemment un avis purement personnel puisque je n’ai jamais abordé le sujet de l’admission avec qui que ce soit de Umich. Les admis constateront que leurs camarades internationaux ont des profils très variés qui font souvent un peu rêver (ex: une pote LLM a pour activité professionnelle de faire avancer l'égalité entre hommes et femmes au Pakistan) (ex2: un autre LLM travaillait pour des associations qui agissaient sur les lobbies et conduisaient des procès pour dépénaliser l'homosexualité en Inde). Ce n'est pas pour autant qu'il faut se faire mousser ou croire qu'on a moins de chance d'être admis parce qu'on ne dédie pas sa vie à de grandes causes humanistes. Donc comme je le disais: être le plus honnête possible, tout en se mettant en valeur.

3/ CV, transcripts, etc. : tout est dit sur le site. Certaines années, ils disposent d’un francophone à leur bureau et dispensent les candidats de faire traduire leurs bulletins ; comme quoi, le personnel de la fac est vraiment motivé pour rendre la vie de ses étudiants plus facile.
D’ailleurs, ceux qui ont déjà été en contact avec le bureau des admissions pour quelque raison que ce soit l’ont sans doute déjà constaté : ils sont adorables et toujours ravis d’aider. Dora-Maria m’avait donné une excellente impression, qui s’est confirmée par la suite. Je ne sais pas si c’est propre à Umich mais vous ne vous trouverez jamais face à quelqu’un de désagréable ou de mauvaise foi dans l’administration, et ça, ça fait vraiment plaisir.  

4/ Lettres de recommandation: il est dit "at least two letters of recommendation". Eh bien deux, c'est suffisant, en tout cas c'est ce que j'ai fait. Inutile de faire du zèle et demander à tout votre entourage de spammer l'université, ce n'est pas un concours de popularité et il vaut mieux deux lettres qui permettent de cerner votre personnalité d'un point de vue extérieur que cinq qui reprennent des phrases ultra bateau et peu éclairantes.

            Respectez bien les délais et surtout n'hésitez pas à vous adresser au bureau des admissions pour toute question: ne soyez pas timides, ils sont sympa et répondent vite. Mieux vaut prendre le risque de poser une question bête que de faire une connerie.

              Bonne chance !




05/02/2015

Financer son LLM

             Comment financer son LLM? En principe, peu d'étudiants peuvent se permettre de débourser de telles sommes à partir de leurs fonds propres courants -- cela existe, mais soyons raisonnables et partons de la configuration plus banale où le candidat LLM ne dispose pas d'un compte en banque blindé. 
Il y a donc ceux qui se le font financer par leur employeur ou cabinet (ce qui était le cas de pas mal de Japonais), cela se fait en France également. Et puis il y a le prêt bancaire, qui vient parfois en complément de l'obtention de bourses.

         En ce qui concerne les bourses disponibles pour les Français:
- Fulbright: au moins deux étudiants (non Français, d'ailleurs) de ma promotion en bénéficiaient. J'ai cru comprendre qu'en obtenant et acceptant la bourse, ils devaient s'engager à certaines choses. Ils effectuaient également un court voyage annuel qui réunissait tous les Fulbright scholars, je ne sais pas si c'est encore le cas aujourd'hui. Attention au calendrier qui est assez strict (voir ici).
- Cabinets d'avocats: le cabinet Herbert Smith délivre des bourses de 10 000 euros sur candidature. Le cabinet White & Case répartit 40 000 euros entre trois petits chanceux pour les aider à financer leurs LLM. J'imagine que comme pour Fulbright, la concurrence est rude, mais qui ne tente rien n'a rien. 
- Aides municipales, régionales, etc. : on n'y pense pas souvent mais cela ne coûte rien d'aller faire un saut à sa mairie pour se renseigner sur les aides accordées aux étudiants partant à l'étranger. Quelques petits tips ici.
- Associations diverses : pour des cas très particuliers d'étudiants ayant des projets rejoignant les intérêts de certaines associations (notamment dans le domaine humanitaire, ou de l'égalité professionnelle, par exemple), il peut être tenté de s'arranger avec ces dernières pour une aide au financement des LLM, éventuellement sous la promesse d'assister/travailler pour l'association une fois la formation terminée.
- Enfin, l'University of Michigan : l'université elle-même délivre un certain nombre de bourses chaque année, d’un montant très variable, qui peut aller d'une petite aide aux frais de vie à une couverture complète des frais d'inscription. Je ne saurais pas dire à quelle fréquence les bourses sont octroyées, ni pour combien. Cela dépend sans doute des ressources de l'année et de la qualité des candidatures en présence. 

          Si les fonds sont empruntés, il faut (évidemment) en apprécier le coût et l’impact sur la durée: chacun sa motivation et chacun son portefeuille, mais je dirai simplement qu’il me semble assez risqué de penser « je trouverai un job aux US juste après mon LLM, je me ferai payer 160k$ l’année et ce sera remboursé/rentabilisé rapidement ». Certes possible, cette configuration est surtout rare et difficile. Trouver un job aux US dépend de pas mal de choses, et surtout 1) votre réseau 2) l’excellente qualité de votre dossier. Bien que valorisé, un LLM n’ouvre pas automatiquement les portes des cabinets aux US qui reçoivent un nombre immense de candidatures (et de la part d’Américains qui eux ne posent pas de souci de visa…). En bref : prenez votre décision en connaissance de cause.

04/02/2015

Le système américain : comprendre le JD dans son habitat naturel




Je vais expliquer rapidement comment fonctionne le système éducatif  américain, très différent du nôtre. 


Plaçons-nous à la fin du lycée : comme nous, les Américains le terminent à 17-18 ans (leur high school est en réalité assez différent du notre, beaucoup plus facile et axé glande que chez nous, mais peu importe ici). Ensuite, leur university comporte deux parties distinctes :
1)      le « college » (ce sont alors des undergraduate students/ou undergrads) qui dure quatre années ;
2)      puis, ceux qui souhaitent effectuer des études de droit, vont en law school qui dure trois années (graduate students, qui sont appelés les JD (Juris Doctor) en droit : 1L, 2L, 3L). J’ai pris l’exemple de la law school, mais ce peut être une business school, ou pas de school du tout : beaucoup d’Américains arrêtent leurs études après le « college », voire le lycée.  


College, c’est ce qu’on voit à la TV: les jeunes diplômés du « bac » qui se cassent du cocon familial pour 4 années de vie sur un campus, avec les matchs de foot US, les pompom girls, les bals de promo et tout le tintouin. Chaque undergad se choisit une major (spécialité), avec les matières de son choix (sciences po, maths, histoire, biologie, informatique…), parfois à l’aveugle, parfois en prenant en compte ses objectifs futurs (ex: un étudiant projetant d’entrer en « medical school » après le college choisira des cours de biologie). Souvent, ce sont des années pas vraiment exténuantes et très amusantes pour les étudiants. 

Ceci est une frat party avec des undergrads (source: stacksmag.net)
 Ce système peut être déconcertant pour un Européen qui, sauf exception (ex: informatique), ne voit pas trop l’utilité formatrice de ces quatre années. Mes amis JD avaient pris des major au college complètement opposées les unes des autres, et tous semblaient penser que l’intérêt de ces 4 années avait été social plus qu’éducatif. Tandis que certains estiment que c'était une perte de temps assez chère, d’autres considéraient qu’il s’agissait des meilleures années de leur vie et n’en regretteraient jamais l’investissement. 


En bref, vous aurez donc compris que ceux qu’on appelle les « 1L » n’ont pas 18-19 ans comme la majorité des L1 en France, mais 18-19 + 4 = au moins 22-23 ans. En réalité, ils avaient même tous au moins 24-25 ans pour 2 raisons :

- les Américains ne se précipitent pas dans leur vie, comptant année après année pour savoir s’ils sont en retard dans l’échelle de la réussite : il est très fréquent qu’après « college », ils se mettent à voyager ; enchainent quelques jobs ; fondent une famille, en attendant de décider ce qu’ils souhaitent vraiment faire.

- vu le coût des études de droit, ils évitent de prendre cette décision à la légère. Certains mettent un peu d’argent de côté, d’autres effectuent un stage en cabinet ou entreprise (« paralegal » ou « intern », attention aux distinctions entre leurs différents types de stages qui ne correspondent pas tous à notre terme de « stage » !).

Pour ma part, j’ai trouvé extrêmement enrichissant de découvrir leur conception de la vie et des études. Cela m’a appris à relativiser énormément de choses. 


·       Le parcours d’un JD


                  En bref, les 1L sont les plus stressés de toute la fac de droit. La formation du JD ne durant que 3 ans, il ne passera pas sa 1ère année de droit à roucouler sur les terrasses et à sécher les ¾ de ses cours ; c’est au contraire la plus intense. En voici la raison :


- Durant l’été n°1 (entre 1L et 2L) : le JD effectue un stage peu important, souvent mal payé, dans une structure quelconque. Mais ça, il s’en fout : ce qu’il redoute, c’est la recherche du stage de l’été n°2, aussi appelé la summer association. Et cette recherche commence dès le mois d’août de l’été n°1, de façon si structurée et encadrée que tous les étudiants sont censés avoir leur summer position dans les deux mois. 


- Durant l’été n°2 (entre 2L et 3L) : le JD effectue son stage de summer associate, souvent dans un grand cabinet américain qui va le payer extrêmement bien, à ne quasiment rien faire. Et ce stage est très important car la quasi-totalité des « first year associate positions » (en gros, les collaborations, une fois les études de droit terminées) sont accordées aux summer associates de l’année précédente. Les Américains disent parfois qu’il faut vraiment le faire pour ne pas se la voir offrir. 


                Vous avez donc compris la raison du stress des 1L : ce sont leurs notes qui importent le plus puisque ce sont les seules dont ils disposeront durant l’été n°1, quand ils candidateront pour été n°2. Et inversement, vous repérerez rapidement les 3L de par leur zénitude : les joues rosies, le ventre bien rempli de par leur portefeuille garni de l’été précédent, ils choisissent des cours folkloriques et chantent du Bob Marley aux pauses. Bon j’exagère un peu, mais clairement, ils ne se font pas de cheveux blancs – à moins d’être parmi les quelques malchanceux cherchant encore.

                 
                Et ces JD, vous les côtoierez quotidiennement.